LA COMPILE SCHNOCK ?

« UNE CERTAINE IDÉE DE LA CHANSON FRANÇAISE»

Par Alister
Co-fondateur et co-rédacteur en chef de la revue Schnock

Qui aurait cru que Jean-Pierre Castaldi et Kevin Ayers puissent être réunis sur une même compilation ? Que Sheila puisse côtoyer Jean Yanne au panthéon de la pop française ? Que Françoise Hard… Attendez, attendez, laissez-moi deviner… Bon sang mais c’est bien sûr : Schnock, la revue des vieux de 27 à 87 ans.

Quand nous avons commencé cette aventure avec Laurence Rémila, en mai 2011, l’un de nos buts était, humblement, de revisiter, de dépoussiérer des pans de la culture populaire (française en majorité) laissés à l’abandon, en friche par des confrères légitimement concentrés sur leur propre ligne éditoriale. Parmi ces pans il y avait évidemment la variété ou la pop française que j’ai défendue bon an mal an dans la rubrique « Trésor de la CDTHÈQUE » (et dieu que c’était pas gagné cette affaire !) Venu, culturellement et musicalement, de la musique anglo-saxonne, j’ai toujours euun rapport contrasté avec la chanson de mon pays natal. J’attendais forcément quelque chose d’elle qu’elle ne pouvait m’offrir. Quand on aime les Beatles, on peut chercher, fouiller, comparer : on a rien d’équivalent ici. Et ce n’est pas grave. Mais, et là c’est l’âge qui parle, chemin faisant et m’immisçant dans une carrière d’auteur-compositeur où j’évitais prudemment l’anglais Berlitzien, j’ai, sur le tard, renoué avec la chanson française. Je l’ai finalement comprise, acceptée, aimée comme une ancienne prétendante qui finalement, à l’usure, l’emporte.

C’est donc logiquement que quand Warner nous a contactés pour créer une version CD de Schnock, nous nous sommes dirigés vers ce genre abstrait, encore flottant mais qui, vous le verrez, réussi à mélanger l’à-côté officiel, le supposé infréquentable et le archi oublié. En gros, en France, il y a deux écoles : la chanson dite « à texte » (sic), issue des cabarets germanopratins ou montmartrois (de gauche) et la chanson « populaire » (sic), issue du music-hall et de l’opérette (de droite). Il y a Denise Glaser et Maritie et Gilbert Carpentier. Télérama et Télé 7 Jours. Jean-Louis Foulquier et André Torrent. J’ai grandi à une époque où les uns et les autres ne se mélangeaient pas. Loin de là. La haine suintait. Ici, quand Colette Magny chantait le Vietnam, on pouffait. Là, quand Sardou chantait la France on éteignait la télé. Les années ont passé et tout le monde s’est un peu calmé mais c’était hier… Est-ce par instinct, par réaction ou par souci d’apaisement générationnel ? Nous n’avons jamais vraiment perçu ces frontières, nous y avons toujours préféré les mélanges, l’empilement de strates a priori irréconciliables et c’est ce que nous avons voulu retranscrire sur cette discothèque. Donc, quitte à me répéter : ouais, on peut aimer Véronique Sanson ET Dynastie Crisis. On peut aimer Gilbert Bécaud ET Chagrin d’amour. Claude Bolling ET Dashiell Hedayat. Je veux mon neveu. Et puis découvrir, ou redécouvrir de parfaits inconnus comme Léonie, Blue Vamp ou WBS tout en invitant dans la danse les cousines québécoises, Nanette Workman et les sœurs McGarrigle. Ouais, c’est possible. Et nécessaire, car à l’heure où nos cerveaux voient leurs capacités de concentration dangereusement rejoindre celles d’une saucisse de Strasbourg, c’est notre mémoire collective, que dis-je nationale, qui disparaît jour après jour. Il fallait faire quelque chose. Nous visons le Conseil de sécurité. À notre façon.

Donc, bonne écoute, jouissez sans entrave et n’oubliez pas : « No Future mais No Stalgie ».
Schnockement vôtre.
Alister


Revue de Presse – « Sur la platine de Schnock »

« Née il y a trois ans, la revue profite de son succès pour se décliner sous la forme d’une compilation de chansons françaises obscurs des années 1970. Exquis. »
(Olivier Nuc, Le Figaro, 26/3/2014)

« Du pointu, mais abordable, de l’inhabituel, des oubliés, qui font entendre une autre scène française. »
(Sylvain Siclier, Le Monde, 20/4/2014)

« L’option prise ici est celle d’un décalage, dans le son et dans l’attitude. Et qui dit décalage dit parfois aventure étonnante, voire surprenante avec la patine du temps. Comment a-t-on pu passer à côté, est une question que l’on se posera régulièrement à l’écoute.»
(Christian eudeline, Les Echos, 24/4/2014)

Podcasts – « Sur la platine de Schnock »

«Des Nuits noires de monde»,
France-Musique, 3/4/2014
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« Le Blues du robot spéciale Schnock »,
Radio Prun’, 26/4/2014
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Liens internet – « Sur la platine de Schnock »

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